A 19 ans, Lilianna quitte l’Argentine pour effectuer un voyage en Europe. Elle ne retournera jamais vivre dans son pays natal.
En 1978 elle pose ses valises à Céret et pendant cinq ans, elle se soumettra aux politiques de gestion des frontières propres à la période
pré-Schengen. Tous les trois mois, elle était dans l’obligation de quitter
momentanément le territoire français. Passé ce délai, Lilianna se retrouvait dans l’illégalité et elle devait alors avoir recours à de nombreux stratagèmes pour détourner l’absurdité de l’administration et ainsi pouvoir circuler librement au sein du pays où elle a
choisi de faire sa vie.
Elle ne compte plus le nombre de trajets qu’elle a dû faire jusqu’à la frontière, à traverser le col du Perthus pour faire tamponner ses papiers par les autorités.
Bien que détenant un
passeport Argentin, Lilianna possédait également la nationalité espagnole dû à des accords signés à l’époque entre l’Espagne et divers pays de l’Amérique du Sud.
Quarante ans plus tard et malgré de nombreuses tentatives, Lilianna n’a toujours pas la nationalité française. Elle détient une carte de résident qu’elle doit renouveler tous les dix ans.