Au milieu des années soixante dix Alain, la vingtaine révolue, décide de s’installer dans les Pyrénées Orientales. Jamais il ne s’y était rendu auparavant et c’est
pourtant très rapidement qu’il s’attache à cette terre et à ce massif qui fait
frontière. Imposante, dangereuse, surveillée, la zone frontalière n’a cessé de le fasciner et pendant de nombreuses années il s’est obstiné à la domestiquer.
La nuit ou dans les brumes du petit jour, il a sondé la montagne à la recherche de chemins de traverse, loin des regards et des zones de contrôle habituelles.
C’est par solidarité et conviction politique qu’il a décidé d’aider ceux qui pour diverses raisons, se trouvaient dans la nécessité de traverser clandestinement la frontière.
Ce besoin continuel d’aventure, cette
transgression inhérente aux espaces frontaliers a rythmé pendant plusieurs années son mode et cadre de vie.
Aujourd’hui, Il garde en mémoire des escapades surprenantes dont peu
connaissent le tracé et la finalité.