Si haute soit la montagne, on y trouve un sentier

Projet réalisé lors d’une résidence photographique au cours de l’année 2017-18 organisée par l’association Lumière d’Encre en partenariat avec le Conseil Général des Pyrénées Orientales et la ville de Céret.

 

De Novembre à Juin, je me suis rendue par intermittence à Céret, ville dont la situation géographique particulière en a fait l’un des lieux de négociation du traité des Pyrénées qui marquera par la suite la frontière entre le royaume d’Espagne et celui de France. 

Imprégnée par ce passé historique, j’ai choisi de poser mon regard sur la frontière naturelle que forme la chaine Pyrénéenne. Au fil de mes séjours, j’ai pu constater comment cette limite bien qu’immatérielle, a fait de la vallée du Vallespir une zone d’identité particulière où l’imaginaire et la pensée se sont emparés de ce symbole et où les habitants expérimentent dans la banalité de leur quotidien, l’appartenance à deux lieux, à deux cultures : française et catalane. 

Ce sont ces allers sans retours ou ces allers-retours pluriels de part et d’autre de la crête que j’ai souhaité mettre en lumière. Une mobilité de la population que j’exprime à travers la mise en images de passages individuels, faisant dialoguer histoires réelles et légendes rurales propres aux traditions locales.

C’est en posant des questions, en suivant des personnes au grès de mes rencontres, en me laissant porter par le terrain que j’ai pu récolter des témoignages exprimant diverses manières de vivre l’espace et le temps. 

La diversité des personnes et la multiplicité des récits qui m’ont été livrés ont fait surgir différents usages et perceptions de la frontière correspondant à des temporalités et à des réalités sociales diverses. Que ce soit pour des raisons économiques, politiques, familiales ou existentielles, ces derniers ne cessent de redéfinir l’histoire et l’identité d’un espace de vie commun à deux pays.